Un moment consacré à la transmission de la mémoire entre les anciens combattants et les enfants

Discours de Xavier Jouanin, Maire.

" Ce moment est consacré à la transmission de la mémoire entre vous, chers anciens combattants, et vous, les enfants, à l'unité et la solidarité des générations.

Il convient en effet de se souvenir du sacrifice des hommes mais aussi des femmes, bien que souvent dans l’ombre, qui a permis à nos générations et à la vôtre, les enfants, de jouir de la liberté et de la paix. Deux valeurs aujourd’hui menacées et bafouées aux portes de l’Europe.

A travers le monde, la paix est tantôt une réalité relative tantôt une utopie. Ici et maintenant, pour nous, elle est une réalité mais peut-être trop une évidence, en cela qu’on en oublie sans doute trop souvent qu’elle est précieuse et fragile.

Ce moment que nous partageons devant la stèle consacrée aux victimes, à ces vies sacrifiées est l’occasion de se souvenir qu’il nous appartient d’entretenir, de préserver cette situation de paix et de démocratie.

Il vous appartient, aujourd’hui, les enfants, de conserver et transmettre à votre tour ce message dont les anciens combattants ont été jusqu’à présent les gardiens. J’en profite pour remercier sincèrement les enseignants présents avec leurs élèves. Vous êtes, vous aussi, des gardiens de ces valeurs, des soldats de la République et votre sens citoyen vous honore.

Pour cette commémoration, je tenais à mettre particulièrement à l’honneur parmi ces soldats de la liberté, les soldats du feu, nos sapeurs-pompiers. Ils représentent, au quotidien, le courage, le dévouement et l’abnégation qui ont été ceux de nos soldats lors de nos deux guerres. Cet été, durant de très longues

semaines, ils ont fait preuve d’un courage exemplaire, d’une abnégation admirable pour aller combattre les flammes des incendies dans le sud de la France. Les terribles dégâts causés auraient pu être pires, ils auraient pu emporter des vies, si nos soldats du feu n’avaient pas lutté jour et nuit, au péril de leur vie, pour endiguer ce fléau.

En mon nom, celui du conseil municipal, des Onnaingeois et, je crois pouvoir le dire, au nom de tous les Français : MERCI ! Les valeurs que représentent les sapeurs-pompiers sont bien celles que nous célébrons aujourd’hui et il est rassurant pour chacun d’entre nous de savoir qu’elles perdurent encore.

Merci également à nos associations qui répondent toujours présentes et célèbrent avec nous ce traditionnel rendez-vous de la mémoire. »


Message de Monsieur Sébastien Lecornu, ministre des Armées et de Madame Patricia Mirallès, secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants et à la Mémoire

" La nouvelle de la Victoire se répand à la volée dans tout le pays, de clocher en clocher. L'écho du clairon vient d'annoncer la fin d'un conflit qui a éprouvé le monde et décimé les Hommes. La fureur du canon s'est enfin tue, couverte par un immense éclat de joie.

11 novembre 1918, il est 11 heures: c'est l'Armistice.

Pour des millions de soldats venus du monde entier, c'est la fin de quatre terribles années de combat. Le soulagement est immense.

La guerre est finie, mais pour les survivants commence un funeste décompte, celui d'un million quatre cent mille soldats français tombés au champ d'honneur, de quatre millions de nos militaires blessés

ou mutilés, ces braves aux « gueules cassées » qui plongent la Nation entière dans l'effroi et l'émotion.

Le traumatisme est mondial. En tout, ce sont près de 10 millions de soldats qui ont été tués, 3 millions de veuves et 6 millions d'orphelins. Les morts sont presque aussi nombreux parmi les civils.

Ceux qui sont revenus des combats racontent la puanteur des tranchées et le fracas des obus. Ils expliquent la peur avant les charges, le courage qu'il faut pour sortir des abris et donner l'assaut aux lignes ennemies sous la mitraille. Ils disent l'horreur du spectacle de leurs frères d'armes qui tombent à leurs côtés.

Souvenons-nous de leur bravoure et de leur sacrifice. Commémorons ces soldats dont les noms doivent rester gravés dans nos mémoires comme ils le sont sur nos monuments aux morts, dans les villes et les villages de France, dans l'Hexagone comme dans les Outre-mer.

Souvenons-nous des soldats venus d'Afrique, du Pacifique, des Amériques et d'Asie, de ces soldats alliés venus verser leur sang pour la France, et défendre avec nous la liberté sur une terre qu'ils ne connaissaient pourtant pas.

Le sacrifice de nos Poilus nous oblige, il nous rappelle que la Paix a un prix, et que nous devons être désormais unis avec ceux qui étaient hier nos adversaires, car « ce n 'est qu'avec le passé qu'on fait l'avenir», écrivait Anatole France.

Ce souvenir, ce sont les jeunes générations qui doivent désormais s'en emparer, pour venir raviver la flamme de la mémoire de ceux qui sont morts pour la France, pour notre liberté. C'est la

reconnaissance que la Nation doit à ses combattants, à ceux qui sont tombés et à ceux qui ont survécus.

Aux combattants d'hier et à ceux d'aujourd'hui, comme à leurs familles et ayants droit, la Nation doit continuer d'assurer réparation, reconnaissance et droit, comme l'a voulu le Président de la République.

Cette année nous honorons deux soldats morts pour la France au Mali: le maréchal des logis chef Adrien Quélin et le brigadier-chef Alexandre Martin. Honorons leur sacrifice et celui de tous les soldats qui ont versé leur sang pour la France.

Le monde était convaincu en 1918 que la Première guerre mondiale devait être la « Der des der», la dernière des dernières. Nous savons ce qu'il advint de cet espoir et aujourd'hui, en ce 11 novembre 2022, alors que la guerre est de retour sur notre continent, n'oublions pas le combat des Poilus pour la Paix et le sacrifice de nos soldats morts pour la France.

Vive la République !

Et vive la France! »

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